Illustration : Mathieu Persan
Une nouvelle fois, la règle d'or se confirme : nos plus beaux amis sont ceux qui ne sont pas ou plus là. Imaginaires ou disparus, ils nous accompagnent partout. Et nous font un bien fou. Absent friends, c'est exactement ça. Après un Regeneration où il estime avoir perdu le contrôle de l'appareil, Hannon revient aux fondamentaux : une pop de chambre magnifiquement arrangée, et subtilement écrite. Pour Nicolas Ungemuth (Rock &Folk, Le Figaro), cet album est un chef-d'oeuvre. Comment lui donner tort ? Absolument rien à jeter sur ces 11 titres somptueusement produits. Vous ne croyez que ce que vous entendez ? Quelques exemples : les violons et le refrain de “Come home”, “Billy Bird”, plus légers qu'un tiramisu dans un étoilé Michelin, l'ingra- titude de l'adolescence dans “The happy goth”, etc. Seul manque peut-être un tube. Ce morceau qui permettrait à l'Irlandais d'exploser enfin aux oreilles d'un monde parfois frappé de surdité. Mais voilà, les charts ont bien changé depuis 1967, et les songwriters ne trustent plus vraiment les premières classes. Rien de grave au final, puisque les plaisirs solitaires sont souvent les meilleurs. Les fidèles de l'oeuvre d'Hannon pourront témoigner à la barre, Absent friends a tout d'un futur classique.
Albert Potiron
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Once again, the golden rule is confirmed: Our best friends are the ones who are not there or not there anymore. Imaginary or dead, they follow us everywhere. And it does feel great. It is precisely what Absent friends is about. After Regeneration where Hannon felt he lost control of the machine, he comes back to the basics: a wonderfully arranged and subtly written chamber pop. For Nicolas Ungemuth (Rock & Folk, Le Figaro), this album is a masterpiece. How can you blame him? The sumptuously produced 11 tracks are absolutely flawless. Do you only believe what you hear? Here are some examples: the violins and the chorus of “Come home, Billy Bird” – lighter than a Michelin-starred tiramisu, the teenage ingratitude of “The happy goth”, etc. It maybe only lacks a hit song. A piece that would have allowed the Irishman to finally boom at the ears of a world that seems to sometimes be deaf. But the charts have changed a lot since 1967 and songwriters don’t really bag the top spots anymore. But it doesn’t really matter, as solitary pleasures are often the best ones. Faithful fans of Hannon’s work can testify to it, Absent friends has everything of the classic to be.
Albert Potiron